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:: La Guinguette aux orties ::
On sait peu de choses sur René-Michel Desergy, si ce n'est qu'il est l'auteur de plusieurs ouvrages appartenant au genre de la "littérature flagellante" (pour reprendre le terme employé par Alexandre Dupouy). Parmi ceux-ci, outre le texte qui nous intéresse ici, on citera des titres comme A toute volée, Les Tyrans passionnels, Joues Cramoisies, Chambrières de haute école ou Sous la tutelle.

Ces romans sont malheureusement introuvables aujourd'hui, dans l'attente qu'un éditeur au nez fin ait la bonne idée de les republier. Si jamais vous possédez l'un de ces ouvrages, contactez moi au plus vite !
 
L'extrait.
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L'extrait.          
Scènes de fessée dans les oeuvres littéraires.
M. Tampard avait fait venir Mlle Gervaise dans son bureau et il regardait fixement cette belle fille blonde, aux formes attirantes et presque voilées d'une robe qui lui moulait les seins et lui plaquait aux cuisses. Il savait qu'elle mentait, car la terreur de la belle-fille de sa voisine ne lui avait pas échappé et il voulait tout à la fois la confondre et lui faire dire quel motif la poussait à éviter la fessée à Chérie.

Mais Mlle Germaine supportait vaillamment l'éclat de ses yeux sans, quand même, que sa tenue eût de l'arrogance. Sa poitrine était oppressée, cela seulement marquait son trouble, un trouble uniquement charnel. Il y a des accès de curiosité féminine qui sont aussi impénétrables que les voies de la Providence. La jolie blonde bien en chair voulait détourner sur elle la colère du contremaître dans le plus lascif des désirs d'être traitée comme Chérie. Sa chair frémissait, ses nerfs vibraient, elle voulait de tous ses fibres goûter à cette volupté qu'elle devinait supérieure à celle de voir claquer et de claquer soi-même.
L'heure du déjeuner avait sonné ; en hâte les ouvrières quittaient l'atelier. Elles passèrent devant la porte du bureau de M. Tampard et quand le bruit des pas de la dernière fut éteint, Mlle Germaine baissa les yeux et poussa un long soupir. Elle était seule avec l'homme énergique dont elle rêvait de faire son bourreau. Chérie à sa place, dans cette pièce, le contremaître l'eût déjà « exécutée ». Elle ne pouvait pas attendre tant de précipitations. Elle venait mendier l'âpre correction masculine, et il lui était obligatoire de faire le geste symbolique pour éclairer la lanterne du contremaître : c'est à dire tendre ... non la main mais ce sur quoi la main devait dispenser honte, brûlure et pâmoison. Elle courba la tête sur sa poitrine houleuse et pétrit sa robe sur le côté de ses cuisses, la remontant juste assez pour montrer la boucle de ses jarretelles.

Le visage de M. Tampard se colora brusquement et sa respiration devint haletante, il lui aurait fallu être bien sot pour ne pas profiter de tout ce que le geste avait de significatif. L'atelier était désert ... Il appuya sa main sur l'épaule de Mme Gervaise et la contraignit à s'incliner si bas que sa croupe gonfla sa robe en une position qui ne faisait plus d'elle qu'un impudent et évasé postérieur. Toujours la maintenant ployée, il passa sa main sous la robe et la combinaison, et, ayant constaté que l'ouvrière avait une culotte il en atteignit la ceinture élastique. Le corps de Mme Gervaise eut un violent sursaut. Il tira la culotte sur les cuisses, retournée comme un gant, l'amena sur les jambes gantées de soie végétale. C'était une petite culotte de nansouk saumon ; il la fit glisser encore le long des mollets qui se frottaient déjà l'un contre l'autre, et en une seule brassée troussa la belle jusqu'à la taille. Le derrière nu frémit et se crispa, bloquant pudiquement ses globes rose et blanc sur leur sillon médian.

- Ah tu brises les vitres ! Gronda le contremaître en tutoyant son ouvrière pour la première fois, eh bien, verre pour verre : tu vas voir ton verre de montre.

Tenant Mlle Gervaise solidement ceinturée, à nu sous la chemise, la combinaison et la robe, il lui fit gagner une banquette sur laquelle il s'assit et lui aplatit le ventre en travers de ses jambes.
Dans l'attente de la correction, la blonde ne respirait plus que d'une manière saccadée. Son derrière potelé avait de brefs sursauts. M. Tampard dégrafa les jarretelles qui le gênaient et déboutonna la ceinture de satin qui les supportaient. Ceci lui permit de trousser la chemise plus haut sur le dos bien dodu, superbement creusé aux reins. Il installait commodément Mlle Germaine, découvrait un vaste champ que les bas lui amplifièrent encore en coulant jusqu'aux jarrets.

La croupe bondit tout à coup, relevée par une série de claques sèches sous son arrondissement capiteux, puis la main fesseuse suivit la courbe du derrière et étala le rouge ardent de la fessée. Les globes jumeaux frétillaient spasmodiquement, leur peau rapidement et chaudement colorée, et la fessée s'accentuant, Mlle Germaine se mit à battre en cadence le parquet de ses pieds, tout en criant, mais langoureusement.

- Oh !... oh !... ah !... ah !... ââââh !...

Le contremaître frappait à pleine paume sur ses fesses aussi fort que l'on peut frapper sur un derrière de femme, avec le plaisir de les sentir devenir de plus en plus dures. Pour rien au monde il n'aurait interrompu cette fessée qu'avait recherchée son ouvrière, une commune satisfaction les unissait. Ah ! Elle avait voulu, par curiosité voluptueuse, recevoir sur les fesses comme une gamine ? Elle n'était pas prés de pouvoir remettre son derrière dans sa culotte ! Il la fesserait à fesses engourdies, à peau bleue, à jambes mortes, et il actionnait, les mâchoires crispées, la main heurtant les hémisphères, plic ! ploc ! plic ! Ploc ! Les yeux lui en piquant de fixer la croupe tour à tour s'épanouissant, se contractant en belle boule sauteuse et pourpre.

- Ass... ass... ass... ez ! Finit par suffoquer Mlle Germaine vraiment prête à défaillir, je... je... meurs !...

Et elle poussa en effet le cri d'une femme qui succombe.


René-Michel Desergy, La Guinguette aux orties, 1936.