Menu
visiteurs actuellement sur le site.
Medias > La fessée dans la littérature >
:: Le Miroir Trouble ::
Dans ce premier roman, Jean-Claude Féraud nous conte l'histoire de Sophie, 38 ans. Négligée par son mari, elle vit depuis dix ans au rythme des visites de contrôle que son fils Frédéric doit subir au service de pneumologie dans lequel travaille sa belle-sœur, Laurence.

Un jour, Laurence lui annonce qu’elle a rencontré leur ancien prof de terminale, Philippe de Saint-Amour. Sophie est bouleversée par la nouvelle : adolescente, elle était tombé sous son charme et en avait fait le premier maître de ses rêveries érotiques … Son univers intérieur va dés lors basculer.

 
L'extrait.
Commander sur Amazon

L'extrait.          
Scènes de fessée dans les oeuvres littéraires.
   C'était un soir d'orage. J'avais travaillé assez tard à un devoir de philo. J'étais énervée. Une fois couchée je fus longue à m'endormir, me tournant et retournant dans mon lit sans trouver de position satisfaisante. À la longue, la fatigue aidant, le sommeil m'emporta.

   Je fus vite entraînée dans le tourbillon d'un songe insolite.

   Pour je ne sais quelle raison le professeur m'a convoquée. Je me retrouve seule face à lui, dans la salle de classe déserte. Il est assis sur une chaise en bois posée sur l'estrade, et je me tiens debout devant lui, les yeux baissés, les mains croisées au niveau du ventre. Je porte une jupe plissée de lainage bleu marine, des petites socquettes blanches. Il me fait signe d'approcher. Je monte sur l'estrade et viens me placer tout près de lui.

   — Vous avez été insolente, Mademoiselle. Vous méritez d'être punie. Vous allez recevoir une fessée comme une gamine mal élevée.

   Je panique et tente un mouvement de recul. Mais il me tire fermement par la main et me couche en travers de ses genoux sans que j'esquisse un geste pour m'y opposer. Je sens qu'il relève négligemment le bas de ma jupe. La tête en bas, les mains agrippées aux barreaux de la chaise, je ferme les yeux un peu honteuse. II peut voir ma culotte maintenant. 11 achève de remonter l'étoffe bleue au-dessus de ma taille, découvrant entièrement mon derrière charnu enserré dans une sage culotte de coton blanc. De celles que ma mère m'oblige encore à porter, malgré mon âge et mon désir de plus en plus vif de pouvoir arborer des ces charmantes lingeries que certaines de mes camarades ne se gênent pas pour montrer, dans les vestiaires du gymnase ou de la piscine. Combien de fois ai-je rêvé de ces dentelles transparentes, de ces minuscules slips de nylon qui moulent les fesses, les dévoilent plus qu'ils ne les cachent, les colorant de douces teintes pastel. Mais rien à faire. Ma mère en est encore aux modèles Petit-Bâteau.

   Maintenant il abaisse lentement la culotte sur mes cuisses, tirant maladroitement sur l'élastique pour lui faire franchir le renflement des hanches. Je l'aide, presque malgré moi, en me soulevant un peu, et en ondulant d'une façon que je ne sais pas être extrêmement lascive. Je crispe mes doigts autour des pieds de la chaise. Rien ne se passe. Que fait-il ? Cette attente devient angoissante.

   — Vous êtes une impertinente, une étourdie, une vilaine fille. Il n'y a que la fessée que vous compreniez. Je vais vous dresser, moi !

   Une petite claque sèche accompagne ces paroles. Surprise, étonnée par ce qui est plus une caresse qu'un châtiment, je supplie :

   — Pas trop fort, Monsieur, s'il vous plaît !

   — Je frapperai aussi fort qu'il sera nécessaire, Mademoiselle l'insolente !

   Les tapes tombent dru, maintenant. Il ne s'agit plus de caresses. Ce sont des coups secs, brûlants, qui enflamment mon derrière. Malgré moi je commence à me trémousser, à faire onduler ma croupe dans l'espoir de me soustraire aux claques. Mais il me tient très fermement de son bras puissant.

   Je suis de plus en plus honteuse. J'ai conscience que mes mouvements désordonnés, mes vaines ruades, ont pour conséquence d'entrouvrir mes fesses, de les exposer quand je me soulève à demi. Il doit voir toute mon intimité à ces moments-là. Mon sexe et même mon anus, honte suprême !

   J'essaie de me contrôler. Mais le moyen de se contenir si la main se fait de plus en plus lourde et de plus en plus mordante sur les chairs déjà passablement échauffées. Je suis hors de moi, hagarde. Une angoisse atroce écrase ma poitrine, tandis que l'avalanche de claques continue à se déverser sur mon postérieur que j'imagine cramoisi. Le rêve tourne au cauchemar. Je halète. Mes muscles sont tétanisés. Je suffoque... Et je me réveille en sursaut.

   La tête lourde, les tempes dans un étau, j'ai dans la bouche un goût mauvais de bile et de relents acides. Mes yeux cherchent les repères familiers de ma chambre. Il me faut de longues minutes avant de me réapproprier mon environnement. Peu à peu le rythme désordonné de ma respiration redevient régulier, les battements de mon cœur s'apaisent, mes muscles se détendent.

   Je suis toute étonnée de sentir mon sexe humide, embrasé de désir, comme lorsque je me caresse. Il me revient alors en mémoire un texte des Confessions de Rousseau étudié en classe de Première. Ce châtiment d'enfant qui allait décider des penchants de l'écrivain, et l'émergence dans la douleur et dans la honte même d'un mélange de sensualité, je ne les avais absolument pas compris à l'époque. Tout cela était demeuré pour moi pure construction littéraire.

   Au sortir de ce rêve, j'envisage les choses autrement. Tandis que mon esprit vagabonde entre les souvenirs des expériences de Rousseau et ce que je viens d'éprouver de manière onirique, ma main glisse lentement sur mon ventre, descend plus bas, trouve le nid brûlant caché entre mes cuisses. Mes doigts agiles s'activent. Et le torrent ravageur du plaisir m'emporte. Avec lui vient l'apaisement, le retour au calme, une certaine sérénité. Cependant il me faudra beaucoup de temps pour parvenir à me rendormir, tant ce cauchemar m'a impressionnée.


Jean-Claude Féraud, Le Miroir Trouble, ed. Publibook, 2002.


Commander sur Amazon.fr          
Cliquez sur les liens pour commander ces articles sur le site www.amazon.fr