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:: Cent nouvelles d'elles ::
Thierry Séchan est écrivain, journaliste, parolier. Il est notamment l'auteur de quatre romans (publiés aux éditions du rocher), de deux pièces de théâtre et de quatre biographies (dont celle de son frère, le chanteur Renaud).

Dans le recueil intitulé Cent nouvelles d'elles, il nous présente cent histoires de femmes, ou cent regards sur les femmes ... sur toutes les femmes : les adolescentes alanguies et les vieilles dames très dignes, les maîtresses fidèles et les passantes absentes, les amours d'une vie et les amantes d'une nuit ... Cent souvenirs de sexe ou d'amours platoniques, de jolies aventures, de petites lâchetés et de grosses saloperies, le tout saupoudré d'humour, de poésie, de mélancolie et d'un brin de cynisme.

Le texte ci-dessous est celui de l'une des cent nouvelles du volume, proposée dans son intégralité.
 
L'extrait.
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L'extrait.          
Scènes de fessée dans les oeuvres littéraires.

Un dîner d'écrivains

   Alain P... est un écrivain de grand talent qui n'a qu'un petit défaut : il organise des dîners d'écrivains. Heureusement, il s'agit de dîners où l'on parle fort peu de littérature. Alain invite deux ou trois écrivains (sans leur épouse) ainsi qu'une « créature de rêve » (c'est l'expression qu'il emploie pour désigner une femme peu farouche) et la soirée finit toujours assez chaudement.

   Un soir, Alain P... me fit venir tout seul. Après tout, me dis-je, le dîner de deux écrivains, c'est déjà un dîner d'écrivains. Puis une jeune femme arriva. « Je te présente Dagmar, me dit Alain. C'est une gentille fille, tu verras. » En effet, cette Allemande d'une quarantaine d'années qui parlait parfaitement le français s'avéra tout à fait charmante, spirituelle et cultivée.

   Alain nous servit des apéritifs tout en nous entretenant courtoisement du monde comme il n'allait pas, puis il nous invita à passer à table.

   — Tu sais, Thierry, m'annonça notre hôte en entrant dans la salle à manger, Dagmar n'est pas toujours très sage. Parfois, elle fait des bêtises. Alors je suis obligé de la punir.

   Que signifiait cette déclaration ? En quoi pouvaient consister les punitions que mon ami infligeait à Dagmar ? Ma curiosité presque inquiète fut rapidement satisfaite.

    Alors que Dagmar finissait son entrée (un gaspacho aux langoustines), elle fit tomber par inadvertance quelques gouttes de sauce tomate sur la nappe blanche.

   — Oh, la vilaine ! s'écria Alain. Cela mérite une fessée ! Lève-toi, Dagmar !

   La jeune femme obtempéra docilement.

   Alain souleva sa jupe. « Et en plus, elle ne porte pas de petite culotte ! ajouta-t-il en me dévoilant ses fesses. Ah, la petite vicieuse ! »

   Et il lui administra une bonne fessée.

   — A ton tour, Thierry, dit-il au bout d'un moment.

   Sans grande conviction, je donnai quelques tapes sur les fesses charnues de Dagmar. Elle parut y prendre du plaisir.

   — Maintenant, rassieds-toi, finit par lui intimer mon ami écrivain.

   Puis il partit à la cuisine.

   — Je vous ai fait du lapin aux pruneaux, nous annonça fièrement notre hôte.

   Il posa le plat sur la table, puis, d'un ton faussement menaçant, il lança à Dagmar :

   — Et pas de taches, hein ? Sinon, tu sais ce qui t'attend !

   Dagmar baissa les yeux.

   Tandis que nous parlions, Alain et moi, de quelques amis communs - ce bon Frédéric D..., cet excellent Patrick B..., ce pittoresque Gérard C... -, l'Allemande mangeait en silence, le nez dans son assiette. A un moment, elle fit tomber sa serviette par terre.

   — Petite souillon ! s'exclama Alain. Tu mérites une sévère punition ! Lève-toi et enlève ta jupe !

   Une fois encore, Dagmar obéit docilement. Puis, debout, les fesses à l'air, elle attendit le juste châtiment.

   — Fouette-la avec ta serviette, me dit Alain.

   Fasciné par la bizarrerie de la situation, je ne discutai pas une seconde. Saisissant ma serviette, je fouettai énergiquement les fesses rebondies de Dagmar. Finalement, cela n'était pas si désagréable.

   Au bout de cinq à six minutes, les fesses de l'Allemande étaient toutes rouges.

   — Tu as été trop méchante, dit alors Alain avec un merveilleux faux sérieux. Tu seras privée de dessert ! Allez, suis-moi !

   Et, lui prenant la main, il emmena Dagmar dans la chambre attenante. Là, il l'attacha au radiateur avec une fine cordelette, puis il lui banda les yeux avec un foulard noir.

   — Tu ne bouges pas, hein ? lui intima mon ami écrivain.

   Dagmar hocha doucement la tête en signe de soumission.

   Nous revînmes tous deux à la salle à manger, où mon hôte me proposa d'excellents fromages, puis des tartelettes tout à fait délicieuses. Dans la chambre, Dagmar était silencieuse.

   — Tu veux un café ? me demanda Alain.

   — Non, merci, répondis-je.

   — Alors, allons voir cette méchante fille.

   Et nous passâmes dans la chambre.

   — Tu n'as pas été sage, dit Alain à Dagmar. Alors je vais te donner le fouet, puis tu suceras mon ami écrivain.

   Du tiroir de sa table de nuit, Alain sortit un petit fouet, et il abîma un peu plus les fesses de Dagmar.

   — Maintenant, suce mon ami ! ordonna-t-il à la jeune femme en poussant sa tête vers mon sexe. Ce sera ta punition.

   Dagmar ouvrit ma braguette en tâtonnant, puis elle fit ce qu'elle devait faire. J'avoue que j'y trouvai un certain plaisir. Elle-même ne parut pas trouver la punition si désagréable.

   Peu après, je rentrai chez moi en me disant que j'aimais bien les dîners d'écrivains.


Thierry Séchan, Cent nouvelles d'elles, ed. Belles Lettres, 1997.


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